TIPI : qu’est-ce que c’est ? A quoi ça peut servir ? par le Dr Jacques Fumex

En trouvant, il y a une quinzaine d’années, un « petit passage » pour aider les personnes en blocage émotionnel, notamment dans le domaine des apprentissages, et de l’éducation, Luc Nicon, expert en pédagogie, a montré le chemin pour gérer nos désordres émotionnels d’une façon différente et avec une efficacité parfois déconcertante. L’appellation TIPI (Technique d’Identification sensorielle des Peurs Inconscientes), peut prêter à sourire et ne permet pas forcément d’avoir une idée précise de toutes les subtilités de la méthode.
Nous sommes tous confrontés voire habitués à des désordres émotionnels, que nous les identifions ou pas : peurs, angoisses, phobies, dépressions, tristesses inexpliquées, colères irrationnelles…, mais aussi troubles psychosomatiques (souffrances physiques sans maladie sous-jacente) qui constituent plus des 2/3 des consultations en médecine de ville et qui sont très souvent sous-tendues par des émotions inconscientes.
Et ces désordres sont souvent anciens, remontant à l’enfance, inscrits dans notre identité.
Nous avons tous nos méthodes pour gérer ces perturbations, selon nos possibilités et notre culture : déni, refoulement voire répression, rationalisation (essayer de comprendre le pourquoi), techniques pour apaiser : relaxation, respirations, méditation …
Ce qui aboutit à nous apaiser, parfois complètement, mais le plus souvent pas durablement.
Avec TIPI, on va à l’encontre de la majorité de ces méthodes, on ne cherche pas à contrôler, ni à apaiser les émotions désagréables, mais à sentir et observer comment elles se manifestent dans notre corps et à laisser faire celui-ci : on laisse évoluer les sensations sans rien faire.
Et ça marche ! Les désordres émotionnels sont régulés, parfois en une seule séance, le plus souvent définitivement pour les désordres les plus simples et univoques, c’est-à-dire ne comportant qu’une perturbation émotionnelle pour un problème.
On pourrait penser à de la magie ou à un effet placebo ou à une suggestion de type hypnotique, mais les observations et les recherches dans ce domaine laissent penser que cette méthode permet de se reconnecter à des traumatismes anciens, anté-nataux et péri-nataux dont la mémoire est « engrammée » dans notre corps et conditionnent nos réactions émotionnelles délétères jusqu’à ce que la possibilité de les revivre sensoriellement nous en délivrent définitivement.
Des recherches dans ce domaine sont notamment menées en Allemagne depuis plus de 20 ans. Et les observations de plusieurs centaines de milliers de personnes qui ont bénéficiées de cette méthode vont dans ce sens.
Mon expérience et mes recherches dans le domaine des troubles psychosomatiques depuis plus de 30 ans , mes formations et ma pratique dans le cadre de la psychothérapie , de l’Hypnothérapie et de l’EMDR notamment , m’ont conduit à la découverte et à la pratique de TIPI depuis près de 5 ans , concernant donc plusieurs centaines de personnes et m’ont amené à remplacer mon scepticisme initial par le constat de l’efficacité et des nombreuses perspectives de cette méthode.

Docteur Jacques Fumex,
médecin gastro-entérologue, Hypnothérapeute , Praticien et Formateur TIPI

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Retrouver le plaisir de se nourrir …


Troubles de l’oralité
Témoignage du Dr Stéphanie MAROTTE
Pédiatre à l’hôpital Femme Mère Enfant – Lyon


Maxence souffrant de troubles de l’oralité,
sa maman Corinne a gentiment accepté de témoigner.

Deux interviews recueillis suite à l’atelier Pain du 17 avril 2013 chez SCOOK avec Anne-Sophie Pic et Gontran Cherrier.

L’hôpital idéal existe-t-il ? par Philippe Bonhomme

Cette question a-t-elle un sens et pour qui ?
En tant que professionnel de la santé, souvent la question se pose plus en rapport avec notre activisme professionnel et la prérogative des soins.

L’espace est mesuré et s’organise justement autour des soins. Si la relation doit être prise en compte et est bien comprise pour son importance par l’ensemble des équipes soignantes, la réalité fait que le fonctionnement et l’organisation hospitalière ne facilite pas toujours l’approche des équipes auprès de leurs publics. Beaucoup d’incompréhensions et frustrations naissent parfois entre tous, à savoir les personnes hospitalisées, leurs familles ou proches et les personnels hospitaliers…
Objectivement, c’est aussi rassurant dans le sens où l’hôpital n’est peut être finalement pas uniquement un lieu de soins mais aussi d’abord un lieu de vie.
Pour une personne hospitalisée, très souvent, il n’y a plus cet activisme professionnel, plus de repères familiaux habituels ou plus de jeux en fratrie pour les plus jeunes. Il peut donc se produire quel que soit l’âge, une perte des repères habituels, une perte de son environnement proche, une perte logique du temps et de l’espace, une perte ou des altérations à sa culture ou à la culture.
De plus l’hôpital n’a pas toujours une frontière très précise entre le lieu privé d’une chambre par exemple, et le lieu ou espace public des couloirs. Il peut s’en suivre des gènes ou sentiments de manque d’intimité.
L’espace ou la place que l’on donne à chaque personne hospitalisée devrait faire partie d’une vraie prise en charge globale.

Est-ce que l’on peut dire que l’espace conditionne l’approche ?

Sans tomber dans l’utopie,la difficulté à l’hôpital est de faire coïncider la logique hospitalière avec les espaces vitaux et nécessaires pour les malades et leurs familles. De plus en plus, les nouvelles structures hospitalières intègrent les données concernant l’espace de la chambre avec les meilleurs conforts possibles mais aussi les espaces «lieux de vie » dans l’hôpital ainsi que des espaces réservés aux associations qui interviennent pour le bien être des personnes hospitalisées… Cela peut être des jardins intérieurs, des galeries avec échoppes marchandes, des lieux d’exposition, un café, des lieux de rencontres possibles entre familles et personnes hospitalisées quand elles peuvent sortir de leur chambre etc..L’hôpital et la culture hospitalière peuvent évoluer.

L’hôpital peut parfois être un relais à d’autres institutions culturelles en donnant la possibilité aux personnes accueillies de découvrir une œuvre, un art ou tout autre manifestations culturelles ou artistiques qu’elles n’auraient peut être pas eu l’occasion de découvrir à l’extérieur. Il existe une adaptation possible par de bons projets menés en partenariat pour le bien de tous, et cela peut créer une dynamique à l’intérieur de l’hôpital entre malades, personnels et familles. Il existe un lien entre l’intérieur et l’extérieur de l’hôpital.

Rendre une personne active et volontaire par l’apport d’une approche cohérente et pluridisciplinaire peut l’amener à mieux accepter son hospitalisation et à mieux accepter ses soins.
En finalité, le malade est d’abord un être citoyen et un être unique selon les chartes des personnes hospitalisées et la convention des droits de l’homme.

Article pour un colloque organisé par le « Grand Lyon »
Hôpital, urbanisme et architecture

Philippe Bonhomme
Animateur socio-culturel en pédiatrie
Hôpital Femme Mère Enfant Lyon