Des programmes adaptés à chaque personne
Les séances sont conçues en fonction des besoins, des capacités et des envies de chaque bénéficiaire. Elles peuvent prendre différentes formes :
- des programmes thérapeutiques ou éducatifs élaborés avec les équipes de soins, d’éducation ou de réinsertion ;
- des activités destinées à maintenir ou à améliorer la qualité de vie ;
- des ateliers récréatifs favorisant la participation et les échanges ;
- des programmes d’éveil destinés aux plus jeunes.
Ces interventions peuvent être proposées à domicile, à l’hôpital, dans des établissements spécialisés, des maisons de retraite, des EHPAD, des crèches, des écoles, des structures de réinsertion ou des fermes pédagogiques. Avant chaque programme, les objectifs d’accompagnement sont définis avec les équipes pluridisciplinaires, la famille et la personne bénéficiaire. Ils sont ensuite régulièrement évalués afin de mesurer les effets de l’accompagnement et d’adapter les séances. Le plaisir, l’envie et le libre choix de la personne demeurent essentiels. C’est dans ce cadre bienveillant que la médiation animale peut aider à dépasser certaines difficultés et à lever progressivement des blocages.
Le bien-être de l’animal avant tout
Chiens, lapins, cochons d’Inde, chevaux, ânes, chèvres, poules, cailles, gerbilles, chinchillas ou encore furets peuvent participer à des séances de médiation animale. Le choix dépend des besoins du bénéficiaire, des objectifs recherchés et des caractéristiques propres à chaque espèce. L’animal est un formidable médiateur. Il facilite naturellement l’entrée en relation, offre de nombreuses stimulations et ne porte aucun jugement. Il peut également agir comme un miroir : certaines personnes expriment plus facilement leurs propres émotions en parlant de celles qu’elles perçoivent chez lui. Sa participation implique toutefois une grande responsabilité. Son comportement, ses besoins et ses limites doivent être parfaitement respectés. Son bien-être doit être préservé avant, pendant et après chaque séance. Une connaissance approfondie du comportement animal est donc indispensable afin de s’assurer que l’animal participe volontairement et qu’il prend lui aussi plaisir à l’interaction. La prévention des risques sanitaires repose également sur un suivi vétérinaire rigoureux, des dépistages réguliers ainsi que sur l’application de protocoles vétérinaires et de règles d’hygiène précises.
Deux projets tournés vers les personnes les plus vulnérables
Karine souhaite aujourd’hui développer son activité autour de deux axes principaux. Le premier consiste à intervenir régulièrement auprès d’enfants et d’adultes confrontés à des hospitalisations fréquentes. En France, l’accès des animaux aux établissements hospitaliers reste complexe en raison des contraintes budgétaires, sanitaires et organisationnelles. Les bienfaits de la médiation animale sont toutefois de mieux en mieux reconnus. Au printemps 2023, l’Institut Curie a notamment accueilli à temps plein un chien de médiation dans ses services. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’étude M-KDOG, destinée à évaluer les bénéfices de sa présence auprès des patients et des soignants. Le second projet de Karine consiste à aller à la rencontre des personnes isolées à leur domicile. Son expérience des soins à domicile lui a permis de mesurer l’ampleur de la solitude, notamment chez les personnes âgées ou en perte d’autonomie. L’animal peut alors devenir un allié précieux. Par sa présence, son affection et les interactions qu’il suscite, il stimule la personne sur les plans moteur, cognitif et affectif. Il encourage les échanges, réveille l’envie d’agir et contribue à rompre l’isolement. À travers Patt’Émotions, Karine souhaite mettre son expérience, son écoute et sa passion pour les animaux au service des plus fragiles. Une démarche profondément humaine, dans laquelle l’animal devient un véritable créateur de liens.